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Beaucoup de consultants hésitent entre leur propre structure et le portage salarial.

Le choix change le revenu du mois, la protection sociale et ce qu’il reste en cas de coup dur.

Cet article explique ce fonctionnement et ce qu’il rapporte, puis le compare à la micro-entreprise, à l’EI, à l’EURL et à la SASU.

Infographie — freelance en portage salarial
Infographie — freelance en portage salarial

Le freelance en portage salarial : un salarié qui trouve ses clients

Le salarié porté

Le salarié porté trouve lui-même ses clients. Personne ne les lui apporte : il doit avoir l’expertise, la qualification et l’autonomie pour les démarcher, puis négocier avec eux le prix et les conditions de la mission.

Sur le terrain, on voit souvent une personne qui débute attendre le premier appel. Le premier appel ne vient pas : c’est à elle de téléphoner.

Au moins une fois par mois, il rend compte de son activité à la société de portage.

La société de portage

La société de portage est l’employeur du salarié. Elle l’embauche, établit sa paie, verse les cotisations et tient son compte d’activité individuel. C’est elle qui facture le client. Pour les risques, voyez les risques liés au statut de dirigeant.

Elle n’a pas à lui fournir de missions : si le salarié n’en trouve pas, elle ne lui doit rien de plus. Elle souscrit une assurance de responsabilité civile pour son compte.

Le client

Deux contrats encadrent la mission : le contrat de travail, avec la société de portage, et le contrat commercial, avec le client. Le contrat commercial doit être signé au plus tard deux jours ouvrables après le début de la prestation.

Dans une société de portage, une salariée travaillait déjà chez son client depuis deux jours sans avoir vu le contrat commercial. Il faut relancer le client et vérifier que sa copie part dans le même délai.

Portage salarial ou micro-entreprise : deux façons d’être indépendant

Micro-entreprise et EI : une structure au nom du freelance

En micro-entreprise ou en EI, le freelance exerce sous sa propre structure, à son nom. Pour la créer, il déclare son activité au guichet unique des formalités des entreprises.

Le plafond est de 83 600 euros de chiffre d’affaires par an pour les prestations de services. Dépasser ce montant fait sortir du régime.

Les cotisations se calculent sur le chiffre encaissé : 21,2 % pour les prestations BIC en 2026 ; le taux applicable aux BNC varie selon la catégorie exacte d’activité. Les frais réels ne se déduisent pas de cette base.

Côté client, voyez quand faire appel à un consultant indépendant.

EURL et SASU : une société à créer et à gérer

Le tableau met côte à côte l’EURL, la SASU et le portage salarial sur trois points : le statut, l’impôt et l’assurance chômage.

Critère EURL SASU Portage salarial
Statut du dirigeant Gérant, non salarié Président, assimilé salarié Salarié de la société de portage
Imposition Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés, au choix de l’associé unique Impôt sur les sociétés Salaire imposé à l’impôt sur le revenu
Assurance chômage Pas de couverture pour le gérant majoritaire Pas de cotisation pour le seul mandat, couverture seulement avec un vrai contrat de travail Relève de l’assurance chômage, ARE cumulable sous conditions

Du chiffre d’affaires au salaire : ce qui se prélève avant la paie

Le chiffre d’affaires hors taxes n’est pas le salaire. Il finance d’abord les frais de gestion, qui paient la mise en place des contrats et la facturation.

Viennent ensuite les cotisations et les frais professionnels. Le calcul des frais de gestion doit être précisé dans le contrat. Pour comparer ce qui reste d’un même chiffre, mieux vaut lire l’arbitrage de rémunération selon le statut social.

Pour suivre la chaîne pas à pas, il faut lire le compte d’activité, qui détaille chaque mois :

  • les sommes payées par le client, diminuées des frais de gestion et des frais professionnels
  • les prélèvements sociaux et fiscaux, déduits avant le salaire net
  • le salaire net, en bout de chaîne, avec la prime d’apport d’affaires

Le salaire minimal garanti selon le profil porté

Le minimum mensuel brut total est fixé par la convention collective du portage salarial ; son montant varie selon le profil et la période d’application. Ce montant regroupe le salaire de base, les congés payés et une prime d’apport d’affaires de 5 %, c’est-à-dire la part liée à l’apport de la mission.

Pour comparer deux propositions, c’est ce chiffre brut qu’il faut regarder, pas le tarif facturé au client.

Le salaire mensuel garanti dépend du profil porté :

  • Hors forfait jours, le salarié junior touche 2 288,30 € par mois, et le senior 2 451,75 €.
  • En forfait jours, le salaire garanti est de 2 778,65 € par mois.
  • Ce salaire n’est versé que pendant les périodes travaillées, donc le revenu réel dépend du nombre de missions trouvées.
  • Les frais professionnels remboursés ne sont pas du salaire, et le contrat doit préciser leur déduction et leur remboursement.

Protection sociale et assurance chômage : ce que le statut couvre vraiment

Le salarié porté relève de l’assurance chômage. Il peut cumuler l’ARE avec un salaire, à condition de rester inscrit comme demandeur d’emploi et de déclarer son activité chaque mois.

Le complément se calcule : 70 % du salaire brut repris sont retirés de l’allocation qui aurait été versée sans reprise. Salaire et allocation réunis ne dépassent pas le salaire mensuel retenu pour ouvrir les droits.

La retraite et la maladie suivent le salaire déclaré : plus il est bas, moins les droits sont élevés. Dans une société de portage, une salariée a constaté des droits à la retraite réduits, faute d’un salaire de référence suffisant.

En CDI, certaines sociétés de portage peuvent prévoir, selon les dispositions contractuelles qui leur sont applicables, une réserve constituée sur le salaire de base afin de financer les périodes sans mission. Si la société tombe en défaillance, sa garantie financière couvre salaires et cotisations.

Que se passe-t-il entre deux missions ?

Un consultant porté raconte : « Mon contrat était en CDI, je me croyais à l’abri. Entre deux missions, aucune paie n’est tombée. »

Le CDI continue après la fin d’une mission, mais la paie, elle, s’arrête. Les congés payés sont acquis, et leurs règles doivent figurer dans le contrat. Avant de signer, il faut vérifier comment ce contrat les règle.

Le type de contrat et la réserve décident de la suite. En CDI, certaines sociétés de portage peuvent prévoir, selon les dispositions conventionnelles et contractuelles qui leur sont applicables, une réserve sur le salaire de base destinée à financer les périodes sans mission ; les conditions et le montant de cette réserve doivent figurer dans le contrat.

En CDD, le contrat suit une prestation, 18 mois au plus. Sur un dossier suivi de près, le solde baisse chaque semaine sans paiement : c’est ce moment qui dit si le projet tient.

Profil requis, durée maximale des missions et activités exclues

Le portage est ouvert à un salarié qui a au moins un bac + 2, c’est-à-dire un niveau 5. Sans ce diplôme, il faut trois ans d’expérience significative dans le même secteur.

Dans les deux cas, le candidat doit savoir trouver ses clients et négocier le prix et les conditions de ses missions. Sans cette autonomie, même un bon profil reste sans mission.

Le portage a aussi des limites :

  • Une mission chez un même client ne peut pas dépasser 36 mois.
  • Un CDD de portage ne peut pas dépasser 18 mois au total, renouvellements compris.
  • Les services à la personne sont exclus, dont la garde d’enfants, l’assistance aux personnes âgées ou handicapées et les tâches ménagères ou familiales au domicile.

Le portage salarial fait du freelance un salarié, mais il doit trouver ses clients seul. La société facture la prestation et verse le salaire, qui ne tombe que pendant les périodes travaillées.

Avant de signer, il faut lire le contrat de travail et le compte d’activité, puis comparer le salaire brut, pas le tarif facturé au client.